Thomas porte toujours de quoi dessiner avec lui. Cahiers, tables, cours, tous les supports sont bons.

Un autre de ses plaisirs était de suivre un thème donné à partir des griffonnages de ses voisines de cours.

Arrive le Bac Dessin. Pour la première fois, Thomas dessine trois heures sans discontinuer. L’exercice lui rapporte dix points. Terminé le saxo, il décide de s’y mettre sérieusement.

 
 
 

Alors pendant six ans, deux soirs par semaine, Thomas suit successivement des cours de dessin d’après moulage (1986/1988) puis des cours de peinture d’après modèle vivant  (1988/1992) aux Beaux Arts de la ville de Paris.

A cette époque Thomas ne peint pas chez lui, mais seulement à l’Atelier du Boulevard Montparnasse. Il y règne une délicieuse odeur de térébenthine. A la pause on mange du saucisson. C’est le seul endroit où Thomas boit du vin avec plaisir.

Pendant ces soirées, il peint vite et rentre toujours avec ses cartons. A Montparnasse, certains élèves peignent à l’huile mais Thomas continue à l’acrylique pendant cinq ans. L’huile viendra plus tard, en même temps que la patience et l’assurance aussi. A la recherche d’autres transparences, d’autres teintes, et peut-être aussi de cette odeur de térébenthine.

La fin de Montparnasse est difficile. La visite d’un autre atelier de la ville éloigne pour longtemps Thomas d’un cadre académique.

Thomas se met à peindre à la maison. Pour ses trente ans, Anne va lui offrir un chevalet. Il n’a plus d’excuse pour ne pas s’y remettre sérieusement.

 
 
 

Un soir, il s’essaie à l’huile sur un visage. Il ne l’a pas abandonné depuis, sauf une fois pour répondre à une couverture pour un livre.

Thomas peint le soir, lorsque ses deux filles dorment.

Toiles, bois et acier sont les supports de ces exercices nocturnes.  Il est rare qu’il n’ait pas un ou deux tableaux en cours.

Avant, il avait peur d’être incapable de terminer un tableau alors il les achevait rapidement.

 

Mais progressivement, Thomas s’habitue à laisser reposer ses toiles.

Pour sa première exposition en octobre 2000, Thomas a choisi une galerie/boutique de couleur du 14°, La Dessertene.

L’endroit est charmant. Plus de la moitié des toiles sont vendues, de même en 2002.

 
 
 

Thomas ne vit pas de sa peinture. Son travail lui fait voir du pays, de Dubaï à Reykjavík. Les paysages qu’il découvre se limitent à des bureaux ou des rues commerçantes mais il revient avec des ambiances et des lumières.

Un jour à Londres en attendant le Thalys, Thomas se surprend à dessiner avec l’un des logiciels qu’on trouve sur tous les ordinateurs mais dont personne ne se sert jamais.

Thomas ne regriffonnera plus sur des feuilles volantes. Il a découvert l’immédiateté du croquis. Le numérique n’a semble-t-il aucun lien avec sa pratique et pourtant pour Thomas c’est comme un échauffement, un complément à ses travaux sur le graphisme et les couleurs.

Il fait développer ses dessins sur papier photos. Ces Instantanés restituent un fragment du temps. L’idée est bien celle-là donner forme à des instants qu’il traverse. Elle donne un sens à la durée.

Avec sa peinture numérique, Thomas  retranscrit des impressions immédiates, des intuitions. Elle lui donne la liberté de dessiner n’importe où et n’importe quand, au grès des rencontres, dialogues, conversations téléphoniques. Et le voilà aujourd’hui lancé dans son projet « Exclamation » sur ces instantanés de vie.